Ecrire un roman d'heroic fantasy

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lundi, août 3 2009

Payer pour faire publier son roman sur internet : une arnaque ?

Depuis quelques mois, les forums de jeunes écrivains voient fleurir de plus en plus de messages de pub mettant en avant un nouveau service : la publication de votre roman sur un site internet. A première vu, c'est plutôt chouette. Vous n'avez qu'à envoyer votre manuscrit, il est mis en ligne et disponible pour les millions de lecteurs potentiels qui surfent sur la toile. Les options sont diverses, mais en général les lecteurs peuvent soit télécharger le roman pour le lire hors ligne, soit le lire directement sur le site. Encore plus intéressant, on vous explique que les lecteurs vont payer pour pouvoir lire vos œuvres, et que vous allez toucher un pourcentage sur les paiements : voilà de quoi attirer le jeune auteur pressé de devenir riche.

Jusque là, ça peut paraître tentant. Là où ça se corse, c'est quand on vous demande de mettre la main à la poche pour faire publier vos romans. Parce que tout à coup, le modèle économique du site change du tout au tout. Pour assurer la rentabilité, il n'est plus forcément nécessaire de trouver beaucoup de lecteurs (et donc de partager avec les auteurs une partie des gains), puisqu'il suffit de trouver des auteurs pour faire rentrer de l'argent. On se retrouve dans le schéma de l'édition à compte d'auteur.

Pour illustrer mon propos, je vais reprendre des chiffres issus d'un site dont je tairais le nom. Pour y accéder en tant qu'auteur et pouvoir publier vos textes, vous devez payer 10 euros/trimestre. Ce n'est rien, me direz-vous. C'est exact, mais c'est la meilleure façon de viser la cible choisie : les adolescents pressés de monnayer leur talent d'écrivain. Si vous avez trois inscriptions par jour (ça me paraît beaucoup, mais bon), au bout d'un an vous vous retrouvez avec une base de 1000 abonnés, soit 10000 euros par trimestre. En rapportant ça à l'investissement nécessaire pour faire un petit site qui propose de lire ou de télécharger des documents numérique, la marge est énorme. Sans compter les revenus publicitaires : un panel d'écrivains en herbe qui se connectent régulièrement, ça se monnaye.

Cela dit, si en échange vous avez beaucoup de lecteurs prêts à payer pour vous lire, ça peut toujours se révéler intéressant. Et là, une fois de plus, on se rend rapidement compte qu'il y a un problème. Toujours sur le même exemple, une personne qui veut lire un texte en ligne doit débourser 2 euros. S'il veut le télécharger, ça monte à 7 euros. En partant du principe qu'il n'y a absolument aucune sélection de textes (ce qui veut dire grosse quantité de navets), et qu'il n'y a aucun travail éditorial réalisé sur les textes (on aura donc des textes bourrés de fautes, mal écrits, etc...), vous seriez prêts à payer ces sommes là ? Si vous répondez oui, je vous signale que vous trouverez des centaines de romans à télécharger sur lulu.com pour un prix variant entre 0 et 5 euros, et de vrais livres (de poches, certes, mais sélectionnés, retravaillés et corrigés), pour 7,5 euros. Autant dire que vous n'aurez que peu de lecteurs. Et même si le pourcentage de l'auteur peut atteindre 25%, 25% de pas grand chose, ça fait toujours trois fois rien.

Désireux d'en savoir plus, j'ai envoyé un mail à ce même site, en me faisant passer pour un adolescent écrivain, n'ayant encore pas fini son roman, mais pressé de le faire lire et de gagner des sous. Ce qui m'a permis de rêver à ma future richesse, je vous mets l'extrait (j'ai l'ai laissé comme il était) :
__"Une fois votre roman publier, vous serez succeptible de recevoir vos premiers euros liés à votre création. En effet vous troucherez 25% de l'ensemble des ventes de votre oeuvre. Pour vous faire une idée nous avons aujourd'hui dépasser les 500 visites mensuelle dès notre premier mois ! Imaginez la moitié de ces visiteurs achetant votre roman :
250 * 2,5€ (format Ebook) = 625€, vous toucherez donc 25% de cette somme soit : 156,25€
et
250 * 7€ (format téléchargement) = 1750€, vous toucherez donc 25% de cette somme soit : 437,50€"__

Vivement que je sois riche ! Sauf que quand on y réfléchit :
- Les chiffres de visite ont sans doute été gonflés
- Parmi les 500 visites, une bonne partie doit faire partie des auteurs désireux de monnayer leur talent comme moi, et non pas des lecteurs qui me rendront riches
- Une autre partie doit être des gens qui ne font que passer, comme sur tous les sites internet
- Le reste, en imaginant que ce soit de potentiels lecteurs, risque de passer son chemin en voyant ce qu'il faut payer pour un pdf

Pour conclure, tant que les sites concernés ne vous font pas de fausses promesses, et ne vous font pas miroiter des gains mirobolants, on ne peut sans doute pas parler d'arnaque. Cependant, il est clair que leur valeur ajoutée pour vous, jeune auteur plein de talent, est quasi nulle. Tant qu'à ne rien y gagner, autant offrir votre roman gratuitement, sur des plateformes de qualité (comme Alexandrie Online), par exemple. Vous aurez sans doute plus de chances d'être lus qu'en payant un site de ce genre là...

vendredi, décembre 12 2008

Ecrire un synopsis de roman

Si vous êtes en train de rechercher des maisons d'édition à qui envoyer votre cher manuscrit, vous vous rendrez rapidement compte que la plupart d'entre elles vont vous demander de l'accompagner de son fidèle écuyer : le synopsis.

Qu'est ce qu'un synopsis ?
Derrière ce nom compliqué qui nous vient du grec ancien et qui est très utilisé pour les scénarios de films se cache en fait une demande simple : faire un résumé de votre roman. Le synopsis doit reprendre l'ensemble du déroulement de votre roman, de façon synthétique, et du début à la fin. Le synopsis n'est pas une quatrième de couverture, ce n'est pas une accroche qui doit attirer le lecteur sans lui en dévoiler trop. Ceux qui vont vous lire ne vont pas le faire pour le plaisir, ils cherchent à savoir si le contenu de votre roman est assez bon pour être vendu. Il n'est donc pas nécessaire de leur ménager le suspens.

A quoi sert un synopsis ?
A jeter votre manuscrit sans le lire si votre histoire ne tient pas la route. Pour être plus précis et moins catégorique : il permet à l'éditeur de juger du fond de votre roman, sans se taper les 400 pages. Ça lui permet de repérer tout de suite les clichés, les histoires sans intérêt où il ne se passe rien, les fins ratées... L'éditeur consciencieux va quand même lire les premières pages de votre œuvre si le synopsis ne lui plaît pas, pour s'assurer qu'il ne va pas passer à coté d'une perle à cause de votre incapacité à faire un synopsis intéressant. Mais en général, le synopsis donne tout de même une sérieuse idée de ce qui va pouvoir être fait avec votre œuvre.

Comment rédiger un synopsis ?
Le synopsis doit être court, une page ou deux au maximum. Il faut que le lecteur puisse avoir une idée claire du contenu de votre livre en quelques minutes. N'y mettez pas d'explications alambiquées sur le monde que vous avez créé, ne perdez pas de temps à faire un bestiaire détaillé, expliquez simplement le déroulement de l'histoire, dans l'ordre chronologique. N'y mettez pas de dialogues. Et surtout, ne vous lancez pas dans un style ampoulé en espérant impressionner le lecteur avec votre talent d'écrivain. Soyez concis et précis. Le plus simple est sans doute de faire un résumé chapitre par chapitre. En décrivant en quelques lignes ce qu'il se passe dans chaque chapitre, vous aurez un synoptique simple et clair, facilement compréhensible. Par contre, en fonction de la taille de votre roman, ou de l'imbrication des chapitres, vous risquez de vous retrouvez avec un synopsis trop long. Dans ce cas, je vous conseille plutôt de partir sur un résumé global. Évidemment, faire court ne veut pas dire écrire en langage SMS. Il s'agit de faire des phrases bien écrites, sans fautes. Si le synopsis est un torchon, ça ne donnera pas envie de se plonger dans le manuscrit.

Quel est le format standard pour écrire un synopsis ?
Alors là, je vais être obligé de dire que je n'ai pas une réponse toute faite à proposer. En fonction des maisons d'édition, les attentes ne vont pas être les mêmes. Le meilleur conseil que je peux vous donner est de contacter les maisons d'édition visées pour savoir ce qu'elles recherchent vraiment. Certaines vont vouloir un résumer ultra-court d'une demi-pages, d'autres vont vouloir un découpage précis, chapitre par chapitre, quitte à ce que cela fasse plusieurs pages.

Pour aller plus loin, je vous conseille d'aller lire la FAQ du Synopsis, écrite par Cécile Duquenne.

dimanche, novembre 23 2008

Les logiciels d'aide à l'écriture


La technologie, ses écrans froids, et ses copiés collés instantanés ayant depuis longtemps remplacés la plume d'oie et ses beaux parchemins patiemment recopiés à la main, je me suis dit que je devais m'intéresser aux nouveautés qu'elle pouvait offrir aux écrivains. Je me suis donc penché sur l'un de ces logiciels extraordinaires qui aident l'écrivain à rédiger son manuscrit, et tant qu'à faire, j'ai choisi celui qui semblait le plus connu, ou en tout cas celui qui bénéficiait du plus de publicité. Pas moyen de s'y tromper, son titre est évocateur : J'écris un roman 2 . Étant donné qu'il est le deuxième de la famille, on peut supposer qu'il est meilleur que le premier.

Après de multiples péripéties visant principalement à ne pas payer 29 € pour un outil que je n'utiliserais probablement jamais, j'ai réussi à me le faire prêter et à tester la bête. Et là, miracle ! Moi qui n'avait pas d'idées, qui n'était pas foutu de faire une phrase qui tienne debout... Paf, l'inspiration m'est venue d'un coup et j'ai enfin réussi à écrire un roman qui tienne la route ! 

Vous y croyez, vous ? Bien sur que non. Et vous avez bien raison. Parce que si vous n'arrivez pas à écrire sur une bête feuille de papier, vous n'y arriverez pas mieux avec ce programme. Maintenant que je vous ai déjà dit que vous n'écrirez pas le prochain best-seller rien qu'en achetant, voir même pour les plus courageux, en utilisant ce logiciel, j'ai déjà du perdre la moitié des lecteurs de ce billet. Pour les plus persévérants ou les plus curieux, expliquons tout de même un peu ce qu'il offre.

Passons la partie pénible d'installation et de prise en main du programme, pas très compliquée, mais toujours friande de temps précieux quand on n'est pas très à l'aise avec l'informatique. En échange des sous et du temps investi, vous avez droit à un cours magistral sur l'écriture de romans et de nouvelles, qui peut être intéressant aux vrais débutants qui n'y connaissent rien. Je vous conseille plutôt de lire ce blog, au moins ça ne coûte rien. De plus, vous avez droit à une méthodologie de travail, avec une cinquantaine d'exercices qui doivent vous aider à bien structurer votre roman. Une arborescence vous permet d'accéder à ce que voulez tout en écrivant votre texte. Vous pourrez créer des fiches de décors et de personnages, et même importer des images dans le logiciel. Dans une des présentations que j'ai lues, ils disent que ça permet de mieux visualiser les scènes, mais je n'ai pas compris ce que ça apportait de plus que d'avoir l'image sur un papier à coté de soi. Enfin, ce n'est qu'un détail. Vous avez aussi une pagination intégrée,  un correcteur d'orthographe, et vous pouvez bricoler vos chapitre et les changer de place comme vous voulez. Et enfin, vous pouvez exporter le tout sur Word.

Au final, je dirais que le logiciel en lui-même n'est pas mal fait, mais qu'il n'apporte absolument rien par rapport à un logiciel de traitement de texte classique. Le peu de temps qu'il pourrait éventuellement vous faire gagner vous le perdrez à comprendre comment ça fonctionne. Ça ressemble plus à un gadget, que les gens achètent en espérant que ça les motivera à avancer, et puis qu'ils rangent dans un coin.

Vous l'aurez compris, je déconseille d'acheter ce logiciel, et d'ailleurs tout autre logiciel sensé vous aider à écrire. Mais si vous estimez que je suis un conservateur refusant le progrès, vous pourrez trouver ce logiciel ici .


J__ecris_un_roman_2.jpg



dimanche, novembre 16 2008

La concordance des temps

Et voilà un sujet qui revient fréquemment dans les nombreuses interrogations des jeunes auteurs. Comment peut-on bien faire pour respecter cette fichue concordance des temps ? Comment puis-je faire pour éviter qu'à chaque fois qu'un de mes bêta lecteur me corrige mon texte il me ressorte : "Tu t'es planté dans la concordance des temps, ton texte ne tient pas debout."
Alors que ça peut avoir l'air compliqué, il suffit simplement d'en connaître les règles et les appliquer avec rigueur pour que cette phrase honnie ne devienne qu'un mauvais souvenir, rangé au fond fin de votre mémoire d'auteur.

Commençons par la définition : La concordance des temps est la correspondance, nécessaire d'après le sens et la chronologie des actions, entre le temps du verbe de la proposition principale et le temps du verbe de la proposition subordonnée.

Pour simplifier, il s'agit de comprendre si l'action décrite dans la proposition subordonnée arrive avant, pendant ou après l'action décrite dans la proposition principale. Prenons un exemple :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observait furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfrait comme un porc au bout de la table.
La proposition principale (Sidonie qui regarde son chevalier chéri) se passe en même temps que la proposition subordonnée (Sanpeur qui se bâfre). On va donc mettre le même temps. Ici, c'est du passé, on a choisi l'imparfait.
Maintenant imaginons que le banquet vient de se terminer, Sanpeur est plein à craquer, on écrirait donc :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observait furtivement le chevalier Sanpeur qui s'était bâfré comme un porc au bout de la table.
Ici, l'action de la subordonnée s'est passée avant l'action principale. L'action principale étant au passé, on utilise le plus que parfait pour bien expliquer que le chevalier a dévoré tout ce qui passait à portée avant que Sidonie ne se mette à le regarder.
Dernier exemple, si on est au début du banquet :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observait furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfrerait comme un porc au bout de la table.
Dans ce cas là, on utilise le conditionnel pour bien expliquer que le repas se déroulera après.

Reprenons les mêmes exemples, mais en mettant l'action principale au présent, cette fois, et voyons ce que cela donne :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observe furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfre comme un porc au bout de la table.
=> Les deux actions se passent en même temps, on utilise le même temps (simultanéité)
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observe furtivement le chevalier Sanpeur qui s'était baffré comme un porc au bout de la table.
=> La subordonnée s'est passé avant l'action principale, on utilise le plus que parfait (antériorité)
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observe furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfrera comme un porc au bout de la table.
=> La subordonnée s'est passé après l'action principale, on utilise le futur (postériorité)

Dans ces exemples, les verbes des subordonnées sont à l'indicatif. Si vous utilisez le subjonctif, les règles suivent exactement le même principe.
Pour que vous puissiez vous y retrouver facilement, vous trouverez ici un tableau qui résume chaque temps à utiliser en fonction des cas : Tableau de concordance des temps.

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