Ecrire un roman d'heroic fantasy

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samedi, novembre 15 2008

Mise à jour de la section Appel à Texte

J'ai ajouté un AT des éditions Argemmios (Le Changelin) pour le 31/03/09 et un AT des Mots Rêveurs (La quête) pour le 20/07/09.

Et j'ai supprimé les AT suivants :
Les mots rêveurs (la Fantasy dans tous ses états) clôt depuis le 10/10/08
Griffe d'encre (virus), les Editions Oniriques (la Porte), et les Editions de la Plume Rouge (La Fantasy, un sujet d'actualité), clôts le 30/10/08

lundi, octobre 20 2008

Les verbes de dialogue : exemple pratique

Dans l’article précédent, je vous ai donné une longue liste de verbes de dialogues, pour vous permettre d’animer vos écrits et de les rendre aussi vivants que possible. L’objet de ce billet est de vous présenter un exemple concret.

Rappelons donc le fier Chevalier Sanpeur et la tendre princesse Sidonie pour nous faire une démonstration :

Le Chevalier Sanpeur s’était placé au pied du donjon, sous la fenêtre de la chambre de la princesse Sidonie, pour lui faire la cour. Armé de sa harpe magique qui égrenait de jolies notes, il lui dit :
« Ma Mie, entendez ce chant qui vient du fond de mon cœur pour toucher le votre.
- Que c’est beau, dit Sidonie.
- C’est votre beauté qui le magnifie, dit Sanpeur.
- Vous êtes trop bon, chevalier, dit Sidonie. »
Tout à coup, une fenêtre s’ouvrit au deuxième étage, laissant apparaître la tête du Roi Grobalourd, un bonnet de nuit avec un pompon doré à l’or fin sur la tête :
« Mais qu’est ce que se passe ici ? Qu’est ce que vous voulez à ma fille, vous ? dit le Roi.
- Je l’aime, mon Roi. Je voulais justement vous demander sa main ! dit Sanpeur.
- Jamais ma fille n’épousera un roturier ! dit le Roi.
- Mais il m’aime, Père, dit Sidonie.
- Oui, je l’aime, c’est la femme de ma vie, je ne pourrais pas vivre sans elle ! dit Sanpeur.
- L’aimez-vous assez pour vous battre à mort contre mes quatre plus grands chevaliers ? dit le Roi.
- Euh… Non, dit Sanpeur en jetant sa harpe dans les fourrés. Finalement, je ne l’aime pas tant que ça.
- Ne m’abandonnez pas, Chevalier, dit la princesse.
- Je vous remercie de pleurer en silence, ma fille, j’ai envie de dormir tranquille », dit le Roi en refermant sa fenêtre.

Comme vous pourrez le constater, on comprend l’essentiel du déroulement de l’histoire. Cependant, les voix n’ayant aucune intonation, le langage corporel n’entrant pas à ligne de compte, les sentiments des personnages ne sont pas exprimés par le texte. L’intensité dramatique de ce passage ne passe pas du texte au lecteur. Ajoutons à présent quelques verbes de dialogue un peu plus recherchés :

Le Chevalier Sanpeur s’était placé sous la fenêtre de la chambre de la princesse Sidonie pour lui faire la cour. Armé de sa harpe magique qui égrenait de jolies notes, il lui déclama :
« Ma Mie, entendez ce chant qui vient du fond de mon cœur pour toucher le votre.
- Que c’est beau, s’émerveilla Sidonie.
- C’est votre beauté qui le magnifie, renchérit Sanpeur.
- Vous êtes trop bon, chevalier », minauda Sidonie.
Tout à coup, une fenêtre s’ouvrit au deuxième étage, laissant apparaître la tête du Roi Grobalourd, un bonnet de nuit avec un pompon doré à l’or fin sur la tête.
« Mais qu’est ce que se passe ici ? Qu’est ce que vous voulez à ma fille, vous ? cria le Roi.
- Je l’aime, mon Roi. Je voulais justement vous demander sa main ! déclara Sanpeur.
- Jamais ma fille n’épousera un roturier ! tempêta Grobalourd.
- Mais il m’aime, Père, gémit Sidonie.
- Oui, je l’aime, c’est la femme de ma vie, je ne pourrais pas vivre sans elle ! s’enflamma Sanpeur.
- L’aimez-vous assez pour vous battre à mort contre mes quatre plus grands chevaliers ? menaça le Roi.
- Euh… Non, balbutia Sanpeur en jetant sa harpe dans un fourré. Finalement, je ne l’aime pas tant que ça.
- Ne m’abandonnez pas, Chevalier, supplia la princesse.
- Je vous remercie de pleurer en silence, ma fille, j’ai envie de dormir tranquille », conclut le Roi en refermant sa fenêtre.

Comme vous pouvez le constater, avec cette version, il est beaucoup plus facile de s’imaginer l’émotion que ressentent les personnages et les têtes qu’ils font pendant qu’ils parlent. Après, bien entendu, pour perfectionner le texte, il ne faut pas hésiter à rajouter quelques phrases descriptives supplémentaires pour chaque personnage.

Je vous enjoins à présent à reprendre des dialogues que vous avez déjà écrits, et à essayer de voir si vous pouvez les améliorer grâce à la liste des verbes de dialogues. En effet, plus vous les utiliserez, plus ces mots deviendront familiers pour vous, et plus ils viendront naturellement sous votre plume lorsque vous écrirez de nouveaux textes.

samedi, octobre 18 2008

Les verbes de dialogue

Une fois que les règles de typographie du dialogue sont maîtrisées, ils reste à faire en sorte qu'il soit aussi intéressant que possible. Et pour cela, il faut le rendre vivant. En effet, si vous vous contentez de faire parler vos personnages l'un après l'autre en les laissant statiques, sans qu'ils expriment d'émotions, votre dialogue n'aura tout simplement pas grand intérêt. Et pour les faire s'exprimer non seulement avec les mots que vous leur faites dire mais aussi dans leur attitude, vous ne pouvez pas vous contenter d'utiliser le verbe "dire" à tout bout de champ. Et ça tombe bien, parce que vous avez à votre disposition une quantité énorme de verbes permettant de faire passer aussi bien les émotions, que les tons et les actions de vos personnages. Je vous en ai fait une liste aussi complète que possible ci dessous, et je vous enjoins à y piocher autant que possible.

Évidemment, il serait présomptueux de dire que tout les verbes de dialogue sont bien dans la liste, alors si vous avez d'autres qui vous viennent à l'esprit, n'hésitez pas à les proposer dans les commentaires, et je les ajouterais !

A
aboyer accepter acclamer accorder accuser achever acquiescer adhérer adjurer admettre s'adresser affirmer affranchir ajouter alléguer annoter ânonner annoncer apostropher appeler apprendre approuver arguer argumenter arrêter articuler assener assurer avancer avertir aviser avouer

B
babiller badiner bafouiller balbutier balbutier baragouiner bavarder bégayer beugler blaguer bougonner brailler bramer bredouiller

C
cafouiller capituler chantonner certifier chuchoter choisir clamer combattre commenter compatir compléter composer concéder conclure confesser confier confirmer considérer conter contester contredire converser couiner couper cracher crachoter crépiter crier critiquer croire

D
débiter décider déclamer déclarer décrire dédouaner se défendre dégoiser demander démentir dénoncer détailler deviner deviser dialoguer dire discourir discuter disserter distinguer douter

E
éclater de rire égosiller égrener éluder émettre emporter encourager enguirlander énoncer enquérir entamer enflammer entonner entrer en matière énumérer épeler s'esclaffer estimer essayer éternuer s'étouffer étonner s'étrangler exagérer examiner exhorter exiger expliquer exploser exprimer s'excuser exulter

F
faire miroiter faire remarquer faire fanfaronner féliciter flatter finir formuler

G
garantir se gargariser geindre gémir se glorifier glisser gloser glousser gouailler grincer grogner grommeler gronder

H
haleter haranguer hasarder héler hésiter huer hurler

I
imaginer implorer s'incliner indiquer infirmer injurier innocenter s'impatienter insinuer insister insulter s'instruire s'insurger intercéder interdire s'intéresser interroger interrompre intervenir intimer inventorier ironiser

J
jauger juger jurer

L
lâcher lancer lire lister louer

M
marmonner médire menacer mentir mettre en garde minauder minimiser monologuer murmurer se moquer

N
narguer narrer nasiller négocier nier

O
obliger obtempérer observer s'offusquer opiner ordonner

P
palabrer papoter parlementer parler penser permettre pérorer persifler philosopher piaffer plaider plaisanter se plaindre plastronner pleurer pleurnicher pontifier postillonner pouffer poursuivre préciser préférer présenter prier proférer prohiber promettre prophétiser proposer protester psalmodier

Q
quémander questionner

R
rabâcher raconter railler rajouter râler rapporter rappeler rassurer réaliser récapituler réciter réclamer reconnaître rectifier refuser regretter se réjouir remarquer remettre en question renâcler renchérir répéter répliquer répondre reprendre réprimander requérir résister résumer rétorquer révéler revendiquer réviser riposter rire risquer risquer ronchonner rugir

S
saluer scruter seriner siffler signaler sélectionner soliloquer solliciter sommer souffler souligner sourire souscrire soutenir se souvenir suggérer supplier supputer susurrer

T
taquiner tempérer tempêter tenter terminer tonitruer tonner traduire

V
vérifier vilipender vitupérer vociférer vomir

Z
zézayer

mercredi, octobre 8 2008

Les dialogues : règles de typographie

En lisant des textes d'auteurs amateurs, on se rend rapidement compte que la façon d'écrire des dialogues est des plus diversifiée, quand elle n'est pas carrément fantaisiste. Dans ce billet, je vais tâcher d'expliciter les règles de typographie qui doivent être appliquées, ce qui vous permettra de montrer à vos lecteurs que vous maîtrisez cette partie essentielle de notre langue écrite.

Les signes de reconnaissance d'un dialogue
Vous les avez tous vus dans les livres que vous avez lus. Il s'agit des guillemets (« ou ») et des tirets (-). Les guillemets sont à utiliser pour ouvrir et fermer un dialogue. Ils permettent d'identifier clairement le passage de la narration au dialogue et le contraire. Les tirets, eux, sont à utiliser à l'intérieur d'une zone de dialogue pour signaler le changement d'interlocuteur.
Prenons un exemple :
Face au dragon, le preux chevalier Sanpeur leva son épée et dit :'' (narration)''
« Qu’as-tu à dire pour expier tes crimes avant de mourir, monstre ? ''(ouverture du dialogue avec les guillemets)''
- Que je préfère les chevaliers bien cuits… » ''(changement d’interlocuteur avec le tiret et fermeture des guillemets)''
Et le dragon cracha une gerbe de flamme sur le chevalier, qui n’eut même pas le temps de hurler avant de s’écrouler dans un fracas de ferraille. ''(retour de la narration).''

Les incises
Une incise est une proposition qui est insérée dans le dialogue. En premier lieu, elle permet de mieux identifier les interlocuteurs, ce qui est évidemment obligatoire lorsqu’ils sont plus de deux. De plus, vous pouvez vous en servir pour donner plus de richesse et plus de rythme à vos dialogues. Reprenons l’exemple précédent, en ajoutant la belle et innocente princesse Sidonie à notre histoire :
Face au dragon, le preux chevalier Sanpeur leva son épée et dit :
« Qu’as-tu à dire pour expier tes crimes avant de mourir, monstre ?
- Que je préfère les chevaliers bien cuits…
- Faites attention à vous, mon héros !
- Tais-toi, pucelle, je m’occuperai de toi après en avoir fini avec la boite à sardines.
- N’ayez crainte ma mie, je vais transformer ce lézard en pâté pour chien ! »
Et le dragon cracha une gerbe de flamme sur le chevalier, qui n’eut même pas le temps de hurler avant de s’écrouler dans un fracas de ferraille.

Vous constaterez qu’il est difficile de savoir qui dit quoi, et vous serez peut-être plusieurs à vous étonner que le chevalier veuille trousser la princesse après avoir mangé des sardines. Ajoutons donc des incises dans le dialogue pour en améliorer la clarté :
Face au dragon, le preux chevalier Sanpeur leva son épée dit :
« Qu’as-tu à dire pour expier tes crimes avant de mourir, monstre ?
- Que je préfère les chevaliers bien cuits… tonna le dragon.
- Faites attention à vous, mon héros ! cria la princesse Sidonie.
- Tais-toi, pucelle, je m’occuperais de toi après en avoir fini avec la boite à sardine, susurra le dragon.
- N’ayez crainte ma mie, je vais transformer ce lézard en pâté pour chien » se vanta Sanpeur.
Et le dragon cracha une gerbe de flamme sur le chevalier, qui n’eut même pas le temps de hurler avant de s’écrouler dans un fracas de ferraille.

Cet exemple permet d’illustrer l’utilité des incises. Elles identifient clairement chaque interlocuteur, mais permettent aussi d’utiliser des verbes donnant plus de corps au dialogue (tonner, crier, susurrer, se vanter). L’exemple vous montre aussi les règles de typographie qui s’appliquent aux incises. Vous avez pu constater qu’on ne ferme pas les guillemets avant une incise. En effet, elle fait partie intégrante de la zone de dialogue. Elle se place souvent derrière la phrase du dialogue, séparé par la ponctuation du dialogue lui-même (un point d’exclamation, un point d’interrogation) ou, à défaut, par une virgule. Elle peut aussi être placée au milieu de la phrase de dialogue, isolée entre deux virgules. Vous remarquerez qu’il ne faut pas mettre de majuscule après les points d’exclamation et d’interrogation, contrairement aux règles de typographie habituelles. Et enfin, à la fin du dialogue, la dernière incise doit toujours être placée après les guillemets.


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