Frédéric Czilinder est le deuxième auteur à avoir accepté de participer à cette série d'interview. Auteur de Nouveau Venu dans le Quartier , il a choisi de travailler avec Edilivre. Vous trouverez ci dessous les conseils qu'il peut donner aux jeunes écrivains, mais aussi une explication claire de son travail avec Edilivre, précisant les avantages et les inconvénients de travailler avec cette maison.

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Imagineria : Bonjour, Pouvez-vous nous présenter votre roman en quelques lignes ?
Frédéric Czilinder : Nouveau Venu dans le Quartier raconte l'histoire d'un adolescent dont le nouveau voisin aiguise la curiosité. Un type bizarre, antipathique, asocial. Les vacances scolaires aidant, notre jeune protagoniste se met à épier ce nouveau voisin et entraîne un de ses copains dans l'aventure. Mais ce qu'ils vont découvrir tous les deux dépasse de très loin ce qu'ils ont pu imaginer dans leur pires cauchemars...

Imagineria : Beaucoup de jeunes auteurs rêvent d'être à votre place et seraient heureux d'avoir quelques conseils qui leur permettraient d'achever leur roman et d'accrocher un éditeur. En auriez vous quelques-uns à leur donner ? Par exemple, combien de temps avez vous mis pour écrire votre manuscrit. Et combien pour le corriger ?
Frédéric Czilinder : Le cas de cette histoire est assez particulier puisque je l'ai écrite en à peine plus d'un mois, à l'occasion d'un arrêt de travail qui m'avait immobilisé à mon domicile pour cette même durée. Je l'ai ensuite dactylographiée en deux ou trois semaines (en fonction de mon emploi du temps), ce qui m'a permis de faire un premier travail de correction. Je l'ai ensuite rangée dans un tiroir, histoire de la laisser "mûrir". Je ne l'ai reprise que deux ou trois ans plus tard et je l'ai relue avec un regard "froid", un peu comme si je ne la connaissais pas et j'ai apporté de nouvelles corrections à cette occasion avant de l'envoyer à des éditeurs.

Imagineria : Avez-vous construit un plan avant de vous lancer dans l'écriture du roman ?
Frédéric Czilinder : Oui, s'agissant d'une histoire que j'ai écrite d'un seul jet, j'ai d'abord passé quelques jours à écrire un plan détaillé de quelques pages intégrant parfois des répliques de dialogues et des expressions, des tournures de phrases, des champs lexicaux que je souhaitais utiliser et qui me venaient au fur et à mesure.
Je souligne ici l'importance de rédiger un plan, même s'il ne s'agit que d'un synopsis pour toujours garder le cap de son histoire.

Imagineria : Avez vous fait des fiches de personnages ?
Frédéric Czilinder : Non, je fais juste quelques annotations dans le plan.

Imagineria : Combien de temps consacrez-vous à l'écriture par jour ou par semaine ?
Frédéric Czilinder : Ce n'est pas régulier car comme il presque impossible de vivre de sa plume, il faut d'abord travailler pour gagner sa croute. Étant commercial, j'ai toujours eu de grosses journées de travail, et puis avec la vie de couple, puis la vie de famille quand on a des enfants, c'est encore autant de temps qu'il n'est pas aisé de consacrer à l'écriture. Je suis donc passé par de longues phases sans écrire. Aujourd'hui, je ne me fixe pas d'objectifs particuliers. L'idéal étant d'essayer d'écrire un petit peu tous les jours. Quand j'écris une heure par jour, je suis déjà content, sachant qu'en moyenne une heure d'écriture = une page noircie.

Imagineria : L'inspiration vous vient-elle facilement ? Avez vous des techniques pour éviter le syndrome de la page blanche ?
Frédéric Czilinder : Le plan est important, parce qu'il permet de reprendre le fil de l'écriture là où on l'avait interrompu. Il me paraît évident que prendre une feuille et un stylo sans savoir où on veut aller est une perte de temps. J'ai aussi des petites "manies", à savoir que j'écoute de la musique, en règle générale, toujours le même album en boucle durant toute la rédaction de l'histoire cela m'aide à m'immerger plus facilement dans la même ambiance ; j'essaie également d'utiliser le même mode de rédaction (le même stylo, le même type de papier...). Pour me remettre dans le bain, je réécris aussi le dernier paragraphe que j'avais rédigé et je poursuis l'écriture.

Imagineria : Merci pour ces précieux conseils ! Vous avez créé un blog pour faire la promotion de votre livre. Est-ce que ça vous aide à faire mieux connaître votre livre ? Cela vous a-t-il permis de toucher un public plus important ?
Frédéric Czilinder : J'ai créé le blog pour faire écho à mes différentes apparitions sur des forums, histoire de faire partager les évolutions et les différentes étapes de cette aventure depuis que j'ai appris la publication du roman. Il s'inscrit effectivement dans le cadre d'une stratégie de communication sur la Toile, mais l'impact est négligeable.

Imagineria : Parlons de la maison d'édition que vous avez choisie . Je souhaitais savoir comment vous avez découvert Edilivre et ce qui vous a poussée à travailler avec eux.
Frédéric Czilinder : J'ai découvert Edilivre en lançant une énième recherche sur le WEB avec des mots clés bateaux comme "éditer un roman". Je n'avais jamais entendu parler d'eux, mais j'ai trouvé leur site convivial et engageant. Ce qui m'a poussé à travailler avec eux, c'est l'alternative qu'ils représentent, entre l'éditeur traditionnel et l'édition à compte d'auteur.

Imagineria : Pouvez vous nous détailler, de votre point de vue, les différences entre un éditeur à compte d'éditeur classique et Edilivre ? Qu'apporte la publiation avec Edilivre de plus qu'une publication sur un site comme lulu.com, par exemple ?
Frédéric Czilinder : L'éditeur classique est dur à toucher et à convaincre. La plupart des éditeurs traditionnels misent rarement sur des auteurs inconnus et ne se mouillent pas trop. Vous avez une chance sur mille ou dix-mille d'être repéré. Edilivre travaillant sur le principe de l'impression à la commande (pas de tirage minimum), ils peuvent se permettre d'avoir une politique éditoriale beaucoup plus souple que des éditeurs traditionnels. Même si le terme est décrié, Edilivre est davantage une maison d'édition que lulu.com. Lulu.com, c'est de l'auto-édition.

Imagineria : Sur différents blogs et forums, on peut lire des avis plutôt négatifs sur Edilivre. Ils feraient payer les corrections, l'illustration de la couverture... Certains crient même à l'arnaque pure et simple. Qu'en est-il réellement ?
Frédéric Czilinder : Edilivre jouit en effet d'une mauvaise réputation induite au départ par un autre intervenant du marché (Manuscrit.com). Pour beaucoup, ce n'est pas être édité que de passer par ce type de société. Il semblerait que l'on n'est pas un auteur si on n'est pas publié par un éditeur traditionnel. En matière de coût, il faut relativiser les choses et bien les expliquer.
D'abord, Edilivre n'a rien à voir avec un éditeur à compte d'auteur qui facture des milliers d'euros pour la publication d'un ouvrage (le prix moyen tourne aux alentours de 3500 €).
Edilivre est scindé en deux collections.
La collection "coup de coeur", anciennement Editeur Indépendant qui a été absorbée par Edilivre il y a quelques mois. Il s'agit de la collection qui sert de vitrine à la société et pour laquelle la sélection du comité de lecture est plus pointue. Si votre roman est retenu dans cette collection, ils s'occupent de tout. Vous avez un contrat d'édition et ils conçoivent la couverture, font les corrections, etc... Cette collection publie 5 à 6 titres par mois.
La collection "classique". Là, on ne parle pas de contrat d'édition, mais de contrat de publication. Ils font la mise en page, le dépôt légal à la BNF pour l'attribution d'un n° ISBN et référencent votre ouvrage sur la plupart des librairies en ligne. L'auteur conserve ses droits. De ce fait, Edilivre demande une participation à l'auteur pour la conception de la couverture et pour la correction.
Là où le système atteint ses limites, c'est la communication, puisque dans les deux cas, elle revient essentiellement à l'auteur.
Au final, je pense qu'il n'y a pas forcément lieu de jubiler lorsqu'on est publié par ce type de société, mais que c'est néanmoins un début... et il faut bien commencer quelque part.

Imagineria : Pourriez-vous nous détailler la façon de travailler d'Edilivre avec un auteur comme vous ? Comment se fait la prise de contact, quel type de contrat ils font signer....
Frédéric Czilinder : La prise de contact s'est faite via internet, par mail. J'ai envoyé mon manuscrit en pièce jointe et j'ai ensuite reçu la réponse après plusieurs semaines. J'ai eu quelques échanges téléphoniques avec la responsable éditoriale pour obtenir des réponses à certaines questions que je me posais.
On reçoit par la suite (ça prend du temps) un BAT pour le corps de texte et la couverture et l'on prend le temps de corriger. Il y a autant d'échange de BAT avec l'auteur que nécessaire.
Aujourd'hui, j'ai éprouvé leur deux collections et j'ai donc deux types de contrats avec eux.
Un contrat d'édition en collection "coup de coeur" pour mon premier roman Nouveau Venu dans le Quartier .
Un contrat de publication pour un second roman à paraître en collection classique.
Dans le 1er cas, j'ai cédé les droits, pas dans le second. En terme de rémunération de l'auteur, on tourne en moyenne à 10 %  du prix de vente HT par exemplaire vendu.

Imagineria : Au final, maintenant que le roman est publié, êtes-vous satisfait du résultat ?
Frédéric Czilinder : Mis à part du point de vue de la communication, je suis satisfait d'avoir été publié chez eux. Maintenant, il faut relativiser cette absence de communication car pour rivaliser avec de grandes maisons d'éditions traditionnelles, il faudrait aligner des millions sur la table... Le produit fini, le livre à proprement parler, est satisfaisant.

Imagineria : Votre livre est en vente sur le site d'Edilivre, mais est-il aussi en librairie ? Sur des sites internets comme la fnac ou amazone ?
Frédéric Czilinder : Le livre est vente sur le site d'Edilivre, mais aussi sur le site des grandes librairies en ligne ( fnac , amazon, alapage, chapitre...). Pour la présence "physique" en librairie, j'ai misé sur du local en contactant directement le libraire de ma commune.

Imagineria : Quel type de promotion a été mis en place par Edilivre pour booster les ventes de votre roman ? Publicités, salons, scéances de dédicaces....
Frédéric Czilinder : Comme je l'ai mentionné plus haut, il n'y a pas vraiment de communication en dehors de celle que génère l'auteur lui-même. On m'a bien parlé de communiqué de presse adressés à des journaux locaux, je dois avouer que je n'y crois guère. J'ai donc pris mon bâton de pèlerin et j'ai démarché : le libraire, bien sûr, mais aussi le service communication de la mairie de ma commune à qui je dois un bel article dans le journal local ce mois-ci, et par rebond, des journalistes de journaux locaux.

Imagineria : Et à ce propos, combien d'exemplaire ont été vendus jusqu'à maintenant ?
Frédéric Czilinder : Je n'ai pas encore de chiffres, mais s'agissant d'un coup d'essai, je ne pense pas qu'il s'en soit déjà beaucoup vendus. Je mise plus sur la longévité.

Imagineria : Conseillez-vous aux jeunes auteurs qui fréquentent ce blog d'envoyer leur manuscrit à Edilivre ?
Frédéric Czilinder : Chacun voit midi à sa porte. Mon avis personnel sur Edilivre est dans l'ensemble très positif, maintenant, encore une fois, il faut bien garder les pieds sur terre. Edilivre permet une première expérience de la publication pour la plupart d'entre nous qui ne connaîtrons jamais la joie d'être retenus par un "grand" éditeur traditionnel. Que cela n'empêche pas de poursuivre ses démarches en vue d'une publication plus prestigieuse.

Imagineria : Et pour finir, tournons-nous vers l'avenir. J'ai vu sur votre blog que vous étiez en train de travailler sur un second roman. Pouvez vous nous en dévoiler le thème en quelques lignes ? Choisirez-vous aussi Edilivre pour le publier ?
Frédéric Czilinder : Le projet est à ce jour bien avancé puisque j'attends le retour d'un second BAT après la correction du premier qu'Edilivre m'a fait parvenir. La publication de cet ouvrage intitulé L'héritage des ténèbres est donc imminente.
En voici le résumé de la 4ème de couverture :
Adolescents, quatre orphelins ont passé un pacte pour devenir frères et sœurs de sang, sans savoir qu’un lien plus puissant les a toujours unis. Quinze ans plus tard, les voici brusquement aux prises avec une mystérieuse créature venue du fond des âges, un démon déterminé à les exterminer. Pour ces quatre amis qui ignorent tout du sinistre secret de leurs origines, débute alors une course effrénée pour échapper à une malédiction vieille de plusieurs siècles.
Mais cette lutte insensée engagée bien avant leur naissance prendra-t-elle fin avec eux ?
 
Contrairement à mon premier roman qui était un peu court, celui-ci fait à peu près 360 pages.

Imagineria : Quand sera-t-il disponible à l'achat ?
Frédéric Czilinder :  Courant janvier si tout va bien.

Imagineria : Merci pour toutes ces réponses.

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Pour aller plus loin :

* Les billets de ce blog parlant de :

       - L'édition à compte d'éditeur

       - L'édition à compte d'auteur

       - L'édition sur des sites internet


* Le roman de Frédéric Czilinder : Nouveau Venu dans le Quartier