Les descriptions sont l’un des piliers du roman. Elles se mêlent aux dialogues et aux scènes d’actions pour donner corps à votre histoire. Sans elles, votre histoire se déroulerait dans un monde blanc, vide, et impersonnel. La complexité technique réside dans la difficulté à créer de réels décors dans l’esprit du lecteur, sans pour autant l’ennuyer avec des pages et des pages de descriptions interminables.

A part si vous souhaitez vous lancer dans un roman axé sur l’écriture descriptive, rappelez vous que la description doit exister pour servir l’histoire et non pour elle-même. Décrire un labyrinthe couloir par couloir et pierre par pierre n’apporte rien. Il vaut mieux se concentrer sur les éléments qui vont créer une atmosphère générale, et sur les lieux précis où il va réellement se passer quelque chose.

De même, il ne s’agit pas de commencer un roman par la description complète du monde dans lequel vos personnages évoluent. Sinon, vous allez décrocher le lecteur au bout de la première page. Tous ces éléments doivent être distillés au fur et à mesure de l’écriture, ce qui permet d’alterner action et descriptions, et de donner au lecteur le plaisir de découvrir peu à peu la richesse de l’univers que vous avez créé.

Lorsque vous vous lancez dans l’écriture d’une description, il faut toujours se rappeler que le lecteur, tout comme vous, a cinq sens : la vue, bien sûr, mais aussi le toucher, l’odorat, le goût et l’ouïe. Et vous pouvez vous appuyer sur chacun de ces sens pour donner un corps à votre décor. En effet, une odeur ou un bruit, par exemple, peuvent vous permettre de créer une ambiance bien plus facilement qu’une description visuelle. Pour décrire l’antre d’un carnassier, par exemple, n’hésitez pas à expliciter l’odeur de bête sauvage qui y flotte, le bruit des os qui se brisent sous le pas de votre héros…

Ces conseils s’appliquent aussi aux descriptions des personnages. Plutôt qu’une longue description de chaque détail physique, préférez une présentation sommaire avec les caractéristiques physiques les plus importantes, puis laissez filer des détails au fur et à mesure de l’avancée du récit. Un conseil qui peut vous aider : faites comme si vous rencontriez votre personnage pour la première fois, et demandez-vous ce qui vous frapperait, ce que vous retiendriez de cette première rencontre. Essayez de ne pas vous étaler sur des points insignifiants qui n’apportent rien au personnage. S’il porte une chemise, il peut être intéressant d’en préciser le tissu et la couleur, mais est ce vraiment utile de connaître la couleur et la forme des boutons ? Le lecteur doit avoir assez de matière pour que le personnage puisse prendre vie dans son esprit, mais il doit aussi y avoir de la place pour l’imagination pour qu’il puisse réellement se l’approprier et s’y attacher.

Et pour conclure, ne négligez pas les descriptions pendant l’étape de relecture de votre roman. Plusieurs semaines après avoir été écrites, elles doivent susciter des images en vous lorsque vous les relisez. Si vous les trouvez plates et sans intérêt, il n’y a pas grande chance que vos futurs lecteurs les apprécient.

Un bon exercice pour vous entrainer est de choisir des décors ou des personnes réels, et de coucher leur description sur le papier. Ca vous forcera à vous rappeler les points qui vous ont marqué au premier coup d'oeil, puis ceux qui vous sont apparus après une observation plus longue. Et en vous relisant, il s'agira de vous demander non pas si ce que vous avez écrit représente détail par détail ce que vous avez vu, mais plutôt si vous avez su retranscrire l'atmosphère des lieux ou l'impression qui se dégage d'une personne.