Ecrire un roman d'heroic fantasy

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dimanche, novembre 16 2008

La concordance des temps

Et voilà un sujet qui revient fréquemment dans les nombreuses interrogations des jeunes auteurs. Comment peut-on bien faire pour respecter cette fichue concordance des temps ? Comment puis-je faire pour éviter qu'à chaque fois qu'un de mes bêta lecteur me corrige mon texte il me ressorte : "Tu t'es planté dans la concordance des temps, ton texte ne tient pas debout."
Alors que ça peut avoir l'air compliqué, il suffit simplement d'en connaître les règles et les appliquer avec rigueur pour que cette phrase honnie ne devienne qu'un mauvais souvenir, rangé au fond fin de votre mémoire d'auteur.

Commençons par la définition : La concordance des temps est la correspondance, nécessaire d'après le sens et la chronologie des actions, entre le temps du verbe de la proposition principale et le temps du verbe de la proposition subordonnée.

Pour simplifier, il s'agit de comprendre si l'action décrite dans la proposition subordonnée arrive avant, pendant ou après l'action décrite dans la proposition principale. Prenons un exemple :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observait furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfrait comme un porc au bout de la table.
La proposition principale (Sidonie qui regarde son chevalier chéri) se passe en même temps que la proposition subordonnée (Sanpeur qui se bâfre). On va donc mettre le même temps. Ici, c'est du passé, on a choisi l'imparfait.
Maintenant imaginons que le banquet vient de se terminer, Sanpeur est plein à craquer, on écrirait donc :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observait furtivement le chevalier Sanpeur qui s'était bâfré comme un porc au bout de la table.
Ici, l'action de la subordonnée s'est passée avant l'action principale. L'action principale étant au passé, on utilise le plus que parfait pour bien expliquer que le chevalier a dévoré tout ce qui passait à portée avant que Sidonie ne se mette à le regarder.
Dernier exemple, si on est au début du banquet :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observait furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfrerait comme un porc au bout de la table.
Dans ce cas là, on utilise le conditionnel pour bien expliquer que le repas se déroulera après.

Reprenons les mêmes exemples, mais en mettant l'action principale au présent, cette fois, et voyons ce que cela donne :
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observe furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfre comme un porc au bout de la table.
=> Les deux actions se passent en même temps, on utilise le même temps (simultanéité)
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observe furtivement le chevalier Sanpeur qui s'était baffré comme un porc au bout de la table.
=> La subordonnée s'est passé avant l'action principale, on utilise le plus que parfait (antériorité)
Au grand banquet du Roi, la princesse Sidonie observe furtivement le chevalier Sanpeur qui se bâfrera comme un porc au bout de la table.
=> La subordonnée s'est passé après l'action principale, on utilise le futur (postériorité)

Dans ces exemples, les verbes des subordonnées sont à l'indicatif. Si vous utilisez le subjonctif, les règles suivent exactement le même principe.
Pour que vous puissiez vous y retrouver facilement, vous trouverez ici un tableau qui résume chaque temps à utiliser en fonction des cas : Tableau de concordance des temps.

samedi, novembre 15 2008

Mise à jour de la section Appel à Texte

J'ai ajouté un AT des éditions Argemmios (Le Changelin) pour le 31/03/09 et un AT des Mots Rêveurs (La quête) pour le 20/07/09.

Et j'ai supprimé les AT suivants :
Les mots rêveurs (la Fantasy dans tous ses états) clôt depuis le 10/10/08
Griffe d'encre (virus), les Editions Oniriques (la Porte), et les Editions de la Plume Rouge (La Fantasy, un sujet d'actualité), clôts le 30/10/08

lundi, octobre 20 2008

Les verbes de dialogue : exemple pratique

Dans l’article précédent, je vous ai donné une longue liste de verbes de dialogues, pour vous permettre d’animer vos écrits et de les rendre aussi vivants que possible. L’objet de ce billet est de vous présenter un exemple concret.

Rappelons donc le fier Chevalier Sanpeur et la tendre princesse Sidonie pour nous faire une démonstration :

Le Chevalier Sanpeur s’était placé au pied du donjon, sous la fenêtre de la chambre de la princesse Sidonie, pour lui faire la cour. Armé de sa harpe magique qui égrenait de jolies notes, il lui dit :
« Ma Mie, entendez ce chant qui vient du fond de mon cœur pour toucher le votre.
- Que c’est beau, dit Sidonie.
- C’est votre beauté qui le magnifie, dit Sanpeur.
- Vous êtes trop bon, chevalier, dit Sidonie. »
Tout à coup, une fenêtre s’ouvrit au deuxième étage, laissant apparaître la tête du Roi Grobalourd, un bonnet de nuit avec un pompon doré à l’or fin sur la tête :
« Mais qu’est ce que se passe ici ? Qu’est ce que vous voulez à ma fille, vous ? dit le Roi.
- Je l’aime, mon Roi. Je voulais justement vous demander sa main ! dit Sanpeur.
- Jamais ma fille n’épousera un roturier ! dit le Roi.
- Mais il m’aime, Père, dit Sidonie.
- Oui, je l’aime, c’est la femme de ma vie, je ne pourrais pas vivre sans elle ! dit Sanpeur.
- L’aimez-vous assez pour vous battre à mort contre mes quatre plus grands chevaliers ? dit le Roi.
- Euh… Non, dit Sanpeur en jetant sa harpe dans les fourrés. Finalement, je ne l’aime pas tant que ça.
- Ne m’abandonnez pas, Chevalier, dit la princesse.
- Je vous remercie de pleurer en silence, ma fille, j’ai envie de dormir tranquille », dit le Roi en refermant sa fenêtre.

Comme vous pourrez le constater, on comprend l’essentiel du déroulement de l’histoire. Cependant, les voix n’ayant aucune intonation, le langage corporel n’entrant pas à ligne de compte, les sentiments des personnages ne sont pas exprimés par le texte. L’intensité dramatique de ce passage ne passe pas du texte au lecteur. Ajoutons à présent quelques verbes de dialogue un peu plus recherchés :

Le Chevalier Sanpeur s’était placé sous la fenêtre de la chambre de la princesse Sidonie pour lui faire la cour. Armé de sa harpe magique qui égrenait de jolies notes, il lui déclama :
« Ma Mie, entendez ce chant qui vient du fond de mon cœur pour toucher le votre.
- Que c’est beau, s’émerveilla Sidonie.
- C’est votre beauté qui le magnifie, renchérit Sanpeur.
- Vous êtes trop bon, chevalier », minauda Sidonie.
Tout à coup, une fenêtre s’ouvrit au deuxième étage, laissant apparaître la tête du Roi Grobalourd, un bonnet de nuit avec un pompon doré à l’or fin sur la tête.
« Mais qu’est ce que se passe ici ? Qu’est ce que vous voulez à ma fille, vous ? cria le Roi.
- Je l’aime, mon Roi. Je voulais justement vous demander sa main ! déclara Sanpeur.
- Jamais ma fille n’épousera un roturier ! tempêta Grobalourd.
- Mais il m’aime, Père, gémit Sidonie.
- Oui, je l’aime, c’est la femme de ma vie, je ne pourrais pas vivre sans elle ! s’enflamma Sanpeur.
- L’aimez-vous assez pour vous battre à mort contre mes quatre plus grands chevaliers ? menaça le Roi.
- Euh… Non, balbutia Sanpeur en jetant sa harpe dans un fourré. Finalement, je ne l’aime pas tant que ça.
- Ne m’abandonnez pas, Chevalier, supplia la princesse.
- Je vous remercie de pleurer en silence, ma fille, j’ai envie de dormir tranquille », conclut le Roi en refermant sa fenêtre.

Comme vous pouvez le constater, avec cette version, il est beaucoup plus facile de s’imaginer l’émotion que ressentent les personnages et les têtes qu’ils font pendant qu’ils parlent. Après, bien entendu, pour perfectionner le texte, il ne faut pas hésiter à rajouter quelques phrases descriptives supplémentaires pour chaque personnage.

Je vous enjoins à présent à reprendre des dialogues que vous avez déjà écrits, et à essayer de voir si vous pouvez les améliorer grâce à la liste des verbes de dialogues. En effet, plus vous les utiliserez, plus ces mots deviendront familiers pour vous, et plus ils viendront naturellement sous votre plume lorsque vous écrirez de nouveaux textes.

samedi, octobre 18 2008

Les verbes de dialogue

Une fois que les règles de typographie du dialogue sont maîtrisées, ils reste à faire en sorte qu'il soit aussi intéressant que possible. Et pour cela, il faut le rendre vivant. En effet, si vous vous contentez de faire parler vos personnages l'un après l'autre en les laissant statiques, sans qu'ils expriment d'émotions, votre dialogue n'aura tout simplement pas grand intérêt. Et pour les faire s'exprimer non seulement avec les mots que vous leur faites dire mais aussi dans leur attitude, vous ne pouvez pas vous contenter d'utiliser le verbe "dire" à tout bout de champ. Et ça tombe bien, parce que vous avez à votre disposition une quantité énorme de verbes permettant de faire passer aussi bien les émotions, que les tons et les actions de vos personnages. Je vous en ai fait une liste aussi complète que possible ci dessous, et je vous enjoins à y piocher autant que possible.

Évidemment, il serait présomptueux de dire que tout les verbes de dialogue sont bien dans la liste, alors si vous avez d'autres qui vous viennent à l'esprit, n'hésitez pas à les proposer dans les commentaires, et je les ajouterais !

A
aboyer accepter acclamer accorder accuser achever acquiescer adhérer adjurer admettre s'adresser affirmer affranchir ajouter alléguer annoter ânonner annoncer apostropher appeler apprendre approuver arguer argumenter arrêter articuler assener assurer avancer avertir aviser avouer

B
babiller badiner bafouiller balbutier balbutier baragouiner bavarder bégayer beugler blaguer bougonner brailler bramer bredouiller

C
cafouiller capituler chantonner certifier chuchoter choisir clamer combattre commenter compatir compléter composer concéder conclure confesser confier confirmer considérer conter contester contredire converser couiner couper cracher crachoter crépiter crier critiquer croire

D
débiter décider déclamer déclarer décrire dédouaner se défendre dégoiser demander démentir dénoncer détailler deviner deviser dialoguer dire discourir discuter disserter distinguer douter

E
éclater de rire égosiller égrener éluder émettre emporter encourager enguirlander énoncer enquérir entamer enflammer entonner entrer en matière énumérer épeler s'esclaffer estimer essayer éternuer s'étouffer étonner s'étrangler exagérer examiner exhorter exiger expliquer exploser exprimer s'excuser exulter

F
faire miroiter faire remarquer faire fanfaronner féliciter flatter finir formuler

G
garantir se gargariser geindre gémir se glorifier glisser gloser glousser gouailler grincer grogner grommeler gronder

H
haleter haranguer hasarder héler hésiter huer hurler

I
imaginer implorer s'incliner indiquer infirmer injurier innocenter s'impatienter insinuer insister insulter s'instruire s'insurger intercéder interdire s'intéresser interroger interrompre intervenir intimer inventorier ironiser

J
jauger juger jurer

L
lâcher lancer lire lister louer

M
marmonner médire menacer mentir mettre en garde minauder minimiser monologuer murmurer se moquer

N
narguer narrer nasiller négocier nier

O
obliger obtempérer observer s'offusquer opiner ordonner

P
palabrer papoter parlementer parler penser permettre pérorer persifler philosopher piaffer plaider plaisanter se plaindre plastronner pleurer pleurnicher pontifier postillonner pouffer poursuivre préciser préférer présenter prier proférer prohiber promettre prophétiser proposer protester psalmodier

Q
quémander questionner

R
rabâcher raconter railler rajouter râler rapporter rappeler rassurer réaliser récapituler réciter réclamer reconnaître rectifier refuser regretter se réjouir remarquer remettre en question renâcler renchérir répéter répliquer répondre reprendre réprimander requérir résister résumer rétorquer révéler revendiquer réviser riposter rire risquer risquer ronchonner rugir

S
saluer scruter seriner siffler signaler sélectionner soliloquer solliciter sommer souffler souligner sourire souscrire soutenir se souvenir suggérer supplier supputer susurrer

T
taquiner tempérer tempêter tenter terminer tonitruer tonner traduire

V
vérifier vilipender vitupérer vociférer vomir

Z
zézayer

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