Aujourd'hui, j'ai l'honneur de publier l'interview de Samantha Bailly qui va publier son premier roman l'année prochaine, aux Éditions Mille Saisons, à compte d'éditeur. Je vous laisse la savourer et en tirer quelques enseignements !

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Bonjour,

Imagineria : Pour commencer, toutes mes félicitations pour avoir été choisie par les Éditions Milles Saisons. Votre roman ne sortira que l'année prochaine, mais pouvez-vous déjà nous le présenter en quelques lignes ?
Samantha Bailly : En attendant la 4e de couverture…Le royaume d’Hélderion a mis main basse sur Thyrane, imposant sa religion et ses codes sociaux à ses nouveaux sujets. Cet évènement bouleverse la vie de la noble famille Manérian : Aileen et Mylianne, les cadettes, sont envoyées en Pension, structure chargée de la rigoureuse éducation des enfants de membres de Corporations. Noony, l’aînée des trois sœurs, reste auprès de ses parents en vertu de ses prédispositions dans l’Art d’Oraison. Sept années se sont écoulées depuis la séparation. Alors que Mylianne fugue de la Pension, elle est retrouvée morte dans les rues de Mizin, et tout porte à croire que cet acte est l'œuvre de la résistance Thyranienne. Aileen n’a alors plus qu’une idée en tête : élucider le meurtre de sa sœur. Noony, quant à elle, est devenue oraisonnière. Elle doit maintenant quitter sa famille et sa cité pour son voyage initiatique. Tout bascule lorsque l'Astracan envoie sa décision de guerre contre les Terres Impies, Noony y voit la sombre répétition de l'invasion de Thyrane, et décide de sortir du chemin tracé pour elle. Chacune de leur côté, au cours de leurs péripéties, les deux sœurs vont faire la lumière sur les manipulations du gouvernement et leurs croyances seront mises à rude épreuve.

Imagineria : Beaucoup de jeunes auteurs rêvent d'être à votre place et seraient heureux d'avoir quelques conseils qui leur permettraient en premier lieu d'achever leur roman puis d'accrocher un éditeur. En auriez-vous quelques-uns à leur donner ?
Samantha Bailly : Mon seul conseil est celui de travailler, encore et toujours. En ce qui concerne le fait d’achever un roman, je crois que cela dépend vraiment des tempéraments, des sensibilités, de l’organisation de sa propre vie. Certaines personnes arrivent très bien à terminer un roman au bout de dix ans en morcelant l’écriture, d’autres préfèrent écrire d’une traite car sinon elles savent qu’elles n’y reviendront pas. Le principal est de toujours garder ses objectifs en tête et de savoir faire cohabiter l’inspiration et l’organisation du temps d’écriture. Pour « accrocher » un éditeur, ce qui est sûr, c’est que ce dernier est sensible au minimum à une forme impeccable. Là non plus, il n’y a pas de secret ni de recette miracle. Mais une chose est certaine : plus un manuscrit sera corrigé, peaufiné, plus il aura des chances d’attirer l’attention d’un éditeur, au moins pour le sérieux qu’aura apporté l’auteur. Mais là encore, cela ne fait pas tout.

Imagineria : Combien de temps avez-vous mis pour écrire votre manuscrit ? Et combien pour le corriger ?
Samantha Bailly : En ce qui concerne le tome 1 d’Au-delà de l’oraison, qui fait un million de signes, j’ai mis une année à l’écrire (novembre 2005 à novembre 2006), puis six mois de corrections intensives.

Imagineria : Avez-vous construit un plan avant de vous lancer dans l'écriture du roman ?
Samantha Bailly : Oui, que ce soit sur ordinateur ou sur des cahiers, je segmentais à l’avance les parties, les chapitres, en indiquant telle ou telle action. Évidemment, on déborde toujours un peu, et il faut réajuster, mais j’ai toujours besoin de ce guide avant de me lancer.

Imagineria : Avez-vous fait des fiches de personnages ?
Samantha Bailly : Oui, sans doute mon syndrome « jeu de rôle » mais j’aime beaucoup faire cela, cela permet de consigner les idées et cela peut faire office de rappel sur la couleur d’yeux d’un tel.

Imagineria : Combien de temps consacrez-vous à l'écriture par jour ou par semaine ?
Samantha Bailly : Difficile de répondre de manière tranchée ! Tout dépend des périodes, en fait. Pour terminer le tome 2 d’Au-delà de l’oraison, l’année dernière, j’ai passé plusieurs mois à écrire 5000 signes par jour – objectif que je tenais assez souvent. Vous en conviendrez, c’était très intensif. Cette année, avec les corrections, j’écris au compte goutte et en plus je jongle entre deux nouveaux romans. J’alterne très souvent entre des périodes d’écriture régulières et d’autres au gré de l’envie, c’est ce qui permet de conserver le plaisir.

Imagineria : L'inspiration vous vient-elle facilement ? Avez-vous des techniques pour éviter le syndrome de la page blanche ?
Samantha Bailly : L’inspiration n’a jamais vraiment été le problème. Ce qui est plus dur, c’est parfois d’arriver à aborder une scène charnière où l’on peut bloquer. Mais les idées sont toujours là. Ma seule technique pour surmonter un moment de blocage, c’est de faire un premier jet même si je ne suis pas convaincue, pour le peaufiner par la suite.

Imagineria : Vous êtes-vous plongée dans un de ces nombreux livres donnant des conseils aux auteurs ? Si oui, Lesquels ?
Samantha Bailly : Je ne me suis plongée dans aucun livre de ce type. Ce qui m’intéresse en revanche, ce sont les témoignages directs, je préfère l’échange avec d’autres gens passionnés plutôt que les théories. Sinon, on trouve aussi sur les sites d’auteurs des mines d’informations à ce niveau.

Imagineria : Avez-vous utilisé des logiciels d'aide à l'écriture ?
Samantha Bailly : Un logiciel d’aide à l’écriture ? Je ne connais pas le concept en tout cas.

Imagineria : Et ce que tout le monde attend, pouvez-vous nous dire comment vous avez réussi à décrocher un contrat avec cette maison d'édition ? Qu'est-ce qui d'après vous a fait la différence avec les tonnes de manuscrits qu'ils doivent recevoir ?
Samantha Bailly : En fait, pour retranscrire un peu le parcours éditorial d’Au-delà de l’oraison : je l’ai envoyé en juin 2007 à six éditeurs. Pendant l’été, j’ai reçu une réponse semi positive des éditions L’Olibrius céleste. Ils étaient intéressés mais trouvaient que cela ne collait pas assez à leur ligne éditoriale pour être publié immédiatement. Puis en novembre j’ai reçu deux réponses positives, celle des éditions Pietra Liuzzo et celle des éditions Mille Saisons. Voici donc le comment, ce n’est pas vraiment compliqué : j’ai envoyé le manuscrit. Après, ce qui était plus délicat, et une position qui n’est pas à plaindre, cela a été de choisir. J’ai signé avec les éditions Mille Saisons en décembre. Pour ce qui est de ce qui a fait la différence, il faudrait leur demander ! *rires *

Imagineria : Avez-vous envoyé un synopsis avec votre manuscrit ? Avez-vous des conseils à donner à ceux qui se demandent ce qu'ils vont bien pouvoir mettre dedans ?
Samantha Bailly : Oui, j’ai envoyé un synopsis aux maisons d’édition qui le demandaient, mais sincèrement je ne me sens pas vraiment spécialiste en la matière. Il suffit, je pense, de simplement résumer les grands axes du roman pour que l’éditeur ait une idée globale de la charpente de ce dernier, qu’il puisse savoir où l’auteur va et vérifier que tout a été bien pensé.

Imagineria : Merci pour ces précieux conseils ! Parlons de la maison d'édition qui vous a fait confiance. Je souhaitais savoir comment vous avez découvert les Éditions Mille Saisons et ce qui vous a poussée à travailler avec eux.
Samantha Bailly : J’ai découvert les éditions Mille Saisons par le biais d’internet, avec son forum incontournable pour tous les jeunes auteurs aimant la fantasy. J’ai signé avec eux parce qu’ils ont fait le pari de croire en des auteurs francophones. Même si la structure est encore modeste, je crois en ce projet.

Imagineria : Pourriez-vous nous détailler la façon de travailler de cette maison d'édition avec un jeune auteur comme vous ?
Samantha Bailly : J’espère que le fait que je sois jeune ne change rien ! * rires * Tout se passe de façon très simple, je corrige, j’envoie, c’est validé – ou non – et je communique beaucoup avec mon éditrice, Aurélia, pour tout ce qui concerne la réalisation de la couverture, la 4e de couverture. Le but est toujours de trouver un compromis entre deux volontés.

Imagineria : Avez-vous dû apporter beaucoup de corrections à votre manuscrit ?
Samantha Bailly : J’ai d’abord beaucoup travaillé seule cet été pour revoir le tome 1 et le rééquilibrer d’un point de vue scénaristique et stylistique par rapport au tome 2, que je venais de terminer. C’était un débroussaillage que je pouvais prendre en charge seule et qui a représenté pour moi la plus grosse partie du travail, puisque le recul est souvent la pire des mises à l’épreuve pour un texte. Si je m’écoutais, je crois que je corrigerais tout le temps… ma grande angoisse est d’ailleurs celle, paradoxalement, du roman figé sur lequel on ne peut pas revenir ! Vous imaginez donc que j’ai beaucoup corrigé.

Imagineria : Êtes-vous bien accompagnée dans la démarche de publication ?
Samantha Bailly : Oui, mon éditrice est à l’écoute et nous essayons de faire au mieux.

Imagineria : Mille Saisons est une jeune entreprise. De votre point de vue, a-t-elle les moyens de faire la promotion de votre roman ?
Samantha Bailly : C’est sans doute ce qu’il y a de plus intéressant, car j’ai l’impression que je vais pouvoir aider à mon échelle, même si je ne suis pas obligée. La diffusion est toujours difficile pour les petits éditeurs mais je fais confiance à mon éditrice qui fait de son mieux pour faire grandir l’entreprise, et j’espère bien l’y aider en faisant aussi ma propre promotion à travers mon site internet.

Imagineria : Conseillez-vous aux jeunes auteurs qui fréquentent ce blog d'envoyer leur manuscrit aux Éditions Mille Saison ?
Samantha Bailly : Après tout ça, ce serait un peu bizarre de dire non, n’est-ce pas ?

Imagineria : Vous avez un site web, un blog, un forum, un groupe Facebook... L'objectif est-il de faire la promotion de votre ouvrage ? Avez-vous encore le temps d'écrire, avec tous ces supports informatiques à gérer ?
Samantha Bailly : Le but est évidemment promotionnel, car je veux aider les éditions Mille Saisons dans leur démarche pour faire connaître le roman. Mais plus que cela, ce que j’aime sur le forum que je gère, c’est l’échange entre différentes sphères du milieu artistique, dessinateurs, éditeurs, écrivains, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Les supports informatiques ne sont vraiment pas le majeur problème de mon temps, c’est surtout de gérer et l’écriture et mes études qui est parfois difficile.

Imagineria : J'ai vu sur votre site que vous étiez en train de travailler sur le tome 2. Est-ce le début d'une longue association avec les Éditions Milles Saisons ?
Samantha Bailly : En fait, le tome 2 est achevé depuis mai 2008. Les Éditions Mille Saisons se sont engagées à publier mon diptyque. Pour le reste, mon prochain roman est un témoignage réaliste, qui n’entre donc pas dans la ligne éditoriale des éditions Mille Saisons, mais je travaille aussi sur une préquelle d’Au-delà de l’oraison, que je soumettrai de toute façon aux éditions Mille Saisons (droit de préférence).

Imagineria : Quand est-ce que ce nouveau roman sera disponible ?
Fin janvier 2009.

Imagineria : Je vous remercie de toutes ces réponses qui seront sans aucun d'aide d'une aide précieuse pour tout les jeunes auteurs qui lisent ce blog !

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Pour aller plus loin :

  * Les médias de Samantha Bailly :
        - Son site internet
        - Son blog
        - Son forum
        - Sa page Facebook

  * Le site internet des Éditions Mille Saisons