Le compte d'auteur part d'un principe très simple. La maison d'édition n'investit pas sur votre talent et le potentiel de votre livre. Elle vous vend un service. En échange d'un paiement, elle se charge de lancer l'édition d'un certain nombre d'exemplaire de votre livre. Vous allez donc avoir droit à une facture souvent conséquente et détaillée, reprenant la correction du manuscrit, la mise en page, le choix du papier et de la reliure, l'impression, etc... Une fois votre chèque encaissé, la maison d'édition vous remettra votre pile de livres et vous souhaitera bonne chance pour les vendre. En effet, pour ce type d'édition le bénéfice est réalisé sur la fabrication du livre. Que vous le vendiez ou non n'a aucune importance pour eux. C'est vous qui allez devoir faire la promotion de votre ouvrage, ce qui peut devenir un véritable casse tête. De plus, étant donné que l'éditeur n'a pas besoin que le livre se vende, il peut littéralement publier n'importe quoi. La sélection est souvent des plus légères, voire inexistante. N'importe quel navet peut être publié à compte d'auteur. Ce qui a créé une très mauvaise réputation qui pèse sur les livres édités à compte d'auteur. Les lecteurs vont avoir tendance à fuir tout les livres de ce type, en sachant qu'ils ont 90% de chances de tomber sur un bouquin mal écrit qui n'a aucune chance de leur plaire.

Autant dire qu'après avoir vendu une dizaine d'exemplaire de votre roman à votre famille, vous avez de grandes chances de vous retrouver avec les 950 exemplaires restants dans votre bibliothèque. Et vous ne rentrerez évidemment jamais dans vos frais.

Si vous êtes conscient des limites du système et que cela vous convient, lancez vous. Cependant, certaines maison d'édition essaient de profiter de la candeur des auteurs qui leur envoient des manuscrits. Ils vont vous envoyer une jolie lettre de félicitation pour votre roman absolument grandiose (comprendre : on l'a pas lu), destiné à un brillant avenir de Best-Seller (comprendre : si vous êtes convaincant, vous en vendrez au moins trois), qu'ils se feront évidemment une joie d'éditer (comprendre : on est prêt à encaisser un gros chèque). Là en général, vous vous dites que vous allez être riche... Vous survolez la partie où ils vous expliquent ce que ça va vous coûter (un investissement qui sera vite remboursé par les ventes faramineuses de votre best-seller...sic). Et pour conclure, ils finissent en précisant qu'ils ont des contacts avec une infinité de points de vente, peut-être même dans la librairie qui va ouvrir sur la lune dans quelques années... Ce qui ne veut nullement dire qu'ils vont réussir à y caser votre bouquin à vous, même si c'est ce que vous comprenez.

Le piège a l'air grossier vu de l'extérieur, mais c'est véritablement le fond de commerce de l'édition à compte d'auteur. Pour un auteur persuadé de la qualité de son œuvre et qui a essuyé des tas de refus de maisons d'édition classiques, ce genre de lettre a de grandes chances de lui donner envie de signer le chèque tout de suite. Ce n'est qu'après avoir désespérément essayé de vendre quelques uns de ses romans qu'il va se rendre compte qu'ils vont tous lui rester sur les bras et qu'il s'est fait rouler.

De plus, si vous éditez votre livre à compte d'auteur, vos gains ne seront pas considérés comme des droits d'auteurs par le fisc, mais comme des bénéfices, ce qui peut compliquer votre situation fiscal. Pour plus de détails, je vous conseille d'aller voir ce site qui vous explique ce point en détail :
http://portaildulivre.com/fiscomptaut.htm

Pour conclure, je peux vous conseiller un principe simple : ne jamais payer pour se faire éditer. Il vaut mieux partir du principe que si vous n'arrivez pas à travailler avec une maison d'édition classique, c'est que votre roman ne vaut pas la peine que vous y mettiez de l'argent. Le conseil est souvent répété un peu partout, mais énormément de gens se lancent dans l'édition à compte d'auteur quand même. Vous ne pourrez pas dire que vous n'aurez pas été prévenus ! Et pour enfoncer le clou, je vous conseille de lire les articles suivants :
http://www.auteurs-independants.com/page221.html
http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=34767

Dans le prochain billet, nous parlerons d'une nouvelle forme d'édition qui se développe aujourd'hui, et qui offre de nouvelles possibilités : l'auto-édition sur internet.