Et voilà, le Spectre de l'auteur vous a trouvé. C'est de votre faute, aussi, à force de remplir des pages et des pages, vous l'avez attiré. Il plane au dessus de votre bureau et se reflète sur la feuille vierge qui n'attends qu'une seule chose : que vous la noircissiez de mots. Aujourd'hui, votre plume devait retracer la suite des aventures de votre héros. Il y a encore cinq minutes, vous aviez des idées plein la tête. Et maintenant... Ca ne veut pas sortir. Vous commencez à écrire quelques mots... Vous les barrez : ça ne va pas. Le temps passe.... Vous n'allez pas réussir à tenir votre objectif de 40000 signes par jour, comme c'est parti. Vous recommencez à écrire quelques mots.... Vous les barrez : ça ne va toujours pas. De guerre lasse, vous posez votre stylo. Vous reprendrez demain. Vous y pensez en vous couchant. Vous y pensez en vous réveillant. Deuxième jour devant votre feuille et ses quelques phrases raturées. Le Spectre est toujours là... Vous le sentez, dans votre dos.... Vous essayez de vous concentrer, mais cet imbécile ricane dans votre dos... L'angoisse monte... Et si vous ne pouviez plus écrire ?

Commencez par vous rassurer. Ce phénomène psychologique frappe beaucoup d'auteurs et ils n'arrêtent pas l'écriture pour autant. La plupart du temps, il s'agit d'un blocage psychologique qui peut être provoqué par énormément de phénomènes. Vos proches ne vous soutiennent pas, vous vous êtes fixés des objectifs trop ambitieux, la critique du dernier passage que vous avez mis sur internet est été massacrante.... L'angoisse s'installe. Si vous la cultivez, elle ne fera qu'empirer.

Le premier mot d'ordre est : RELATIVISEZ. Bon sang, vous n'êtes pas un auteur professionnel qui doit rendre sa saga en 15 volumes pour demain, si ? Bien sur que non, ou vous n'auriez pas besoin de lire les conseils de ce blog. Vous êtes bloqués sur votre roman du moment ? Et bien, mettez le de coté quelques jours. Il n'avancera pas, mais il ne reculera pas non plus. Personne n'a jamais vu des mots déjà écrits s'effacer.

Le deuxième mot d'ordre sera : ECRIVEZ. Oui, je sais, c'est ce que vous essayez de faire depuis deux jours. Et c'est bien votre problème. Vous n'y arrivez pas. Et bien écrivez quand même, tout les jours. N'attendez pas que l'inspiration divine vous tombe dessus dans une semaine, un mois ou dix ans. Changez de sujet, écrivez sur autre chose. Ne cherchez pas à écrire un texte bon. Ne pensez pas à ce que d'éventuels lecteurs pourraient en penser. Ecrivez. Changez de genre. Détendez vous. Retrouvez le plaisir d'écrire pour écrire. Ce point est très important. Plus on écrit, plus on prend l'habitude d'écrire. Il faut que ça devienne une routine, que vos pensées se transforment en mots, puis en phrase, qui se coucheront sur le papier avec fluidité. C'est un des plus surs moyens d'éloigner le Spectre. Aussi efficace que les gousses d'ail contre les vampires.

Et le dernier de la trilogie : PRENEZ L'AIR. La mythe de l'auteur enfermé dans sa cave qui écrit de jour comme de nuit est éculé. Si vous choisissez cette voie, soit vous avez des prédispositions pour devenir ermite, soit votre cerveau va se gangréner. Allez faire du sport, rencontrez des gens. En un mot, vivez ! S'aérer la tête aide à l'inspiration. De plus, si vous manquiez de confiance en vous, ça va vous regonfler. Vous supporterez mieux les critiques qu'on vous fera, et vous aurez plus de facilités à les prendre de façon constructives, si vous avez diverses activités dans la vie. Mais attention à ne pas avoir tellement d'activités différentes que vous ne puissiez plus appliquer le mot d'ordre n°2.

Pour finir, je souhaitais vous présenter ces deux pages de blogs, qui parlent de l'angoisse de la page blanche avec beaucoup de poésie :
http://tartiflettelacigogne.wordpress.com/2008/06/02/langoisse-de-la-page-blanche/
http://sammybabyjunior.unblog.fr/2008/02/03/le-syndrome-de-la-page-blanche/