Poésie est un roman de light fantasy, que vous pouvez télécharger sur internet. Son auteur a choisi de créer son propre site web et de vous permettre de lire son ouvrage en ligne, en échange d'un paiement de 5 euros. Une possibilité de distribution de votre œuvre que nous n'avions pas encore abordé. Je vous laisse lire son interview et partager son expérience.
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Imagineria : Bonjour, vous définissez votre roman comme étant de la light fantasy. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce genre et en profiter pour présenter le roman en quelques lignes ? Et si vous pouviez aussi nous expliquer pourquoi vous l'avez appelé "Poésie", c'est un titre peu commun dans le monde de la Fantasy.Grégory Henique : Bonjour à tous,
voici beaucoup de questions d’un seul coup. Pour faire simple et
d’après mes propres expériences de lecture, la light-fantasy est
un sous-genre de la fantasy ayant la particularité de ne pas se
prendre au sérieux. Contrairement aux idées reçues, les livres de
light-fantasy ne sont pas des « parodies » de romans plus
sérieux ou plus noirs. Selon moi ce sont des univers imaginaires
créés par un auteur s’étant accordé tellement de libertés
qu’il peut quasiment tout se permettre. En ce qui concerne mon
roman
POESIE, le héros Lintulinda a le pouvoir de matérialiser
chacune de ses émotions. Il rêve de voler ? Cela risque de se
réaliser. Il est amoureux de la plus belle fille du village ?
Elle va lui déclarer sa flamme spontanément, avec l’inconvénient
pour lui de ne pas savoir s’il s’agit de sentiments réels ou
éphémères.
Comme vous le savez, chaque magie possède son revers
de médaille ; pour Lintulinda la question la plus difficile est
de savoir s’il est possible de contrôler un tel pouvoir.
Pour en revenir à la light-fantasy,
si je devais vous donner un exemple de roman représentatif, je vous
conseillerais le cycle de Xanth de Piers Anthony, actuellement
réédité en format poche aux éditions MILADY/BRAGELONNE. Il s’agit
de mon auteur de fantasy préféré, toutes classes confondues. J’ai
rédigé un article à son sujet sur mon blog, je ne sais pas si
Imagineria me le permettra mais je joins le lien redirigeant vers cet
article :
http://dragonfroid.com/blog/?p=194.
Piers Anthony manie l’humour avec brio, faisant d’innombrables
jeux de mots et décrivant plusieurs scènes cocasses pleines de
sous-entendus. Cela ne l’empêche pas d’avoir créé une histoire
tenant la route. Si vous voulez faire de l’humour dans votre livre,
sachez qu’à mon avis c’est une des choses les plus difficiles à
obtenir, et qu’il ne faut surtout pas négliger le sérieux du
scénario de fond. Humoristique dans la forme, solide et logique dans
le fond : voilà peut-être une des facettes de la
light-fantasy. Je crois que je vais m’arrêter là sur ce sujet qui
pourrait nous emmener très loin.
J’allais
oublier une autre de vos questions, à savoir quelles sont les
origines du titre de mon roman
POESIE. L’histoire que j’ai écrite
m’a semblé être une allégorie du monde réel, une façon de
représenter les choses à travers une lentille déformante, comme la
poésie est une manière de déclarer son amour de façon déguisée.
La forme d’une poésie est tellement belle qu’on en oublie
presque le contenu. De même, dans un roman de fantasy, la magie et
l’imaginaire sont des formes littéraires qui cachent un sens
beaucoup plus profond.
Imagineria : Pourquoi avoir choisi
de publier votre roman sur internet plutôt que de passer par une
maison d'édition classique ?
Grégory Henique : Je vais être franc avec vous :
j’ai d’abord essayé de le faire publier dans un format
« papier », mais la vingtaine d’éditeurs à qui j’ai
envoyé mon manuscrit m’ont tous répondu par la négative. J’ai
sûrement fait l’erreur de le faire parvenir à des éditeurs
généralistes et trop connus. J’envisage de retenter l’expérience
en m’adressant à des éditeurs plus spécialisés. La publication
online est pour moi un moyen d’attirer l’attention sur mon livre
et d’avoir des arguments à donner aux maisons d’édition. Je
vous avoue que j’attends avec impatience le jour où je recevrai le
courriel d’un éditeur dans ma messagerie personnelle, me demandant
de le contacter…
Imagineria: Faire son propre site
doit représenter un travail énorme, non ? Combien de temps
avez-vous mis pour créer le site de votre roman ?
Grégory Henique : A peu près quatre mois, mais je n’ai
pas le talent ni les connaissances nécessaires pour créer un site.
C’est mon frère, informaticien de métier, qui s’est chargé de
tout ce travail pour lequel je lui tire mon chapeau.
Imagineria : Et pourquoi ce choix de
créer votre propre site web pour vendre votre roman ? N'aurait-il
pas été plus simple de passer par des intermédiaires dont c'est le
métier, comme lulu.com, par exemple ?
Grégory Henique : J’ai toujours envisagé l’écriture
comme un métier, je refuse de m’investir dans l’écriture d’un
roman si c’est pour travailler à perte. Ma fierté personnelle
n’est sûrement pas pour rien dans cet état d’esprit. J’ai
envisagé de passer par lulu.com, mais pour cela je devais être
certain, si je commandais 100exemplaires, que 100
internautes achèteraient mon roman. Mon site est fait aussi pour
demander aux lecteurs s’ils souhaiteraient acheter une version
imprimée (rubriques « livre d’or » et « sondages »).
Si j’ai beaucoup de demandes en ce sens, et si aucune maison
d’édition ne se manifeste, je passerai peut-être par ce moyen de
paiement.
Imagineria : Lancer son site sur
internet, c'est bien, mais il faut encore réussir à se faire
connaître pour sortir de l'inextricable jungle du web. Depuis quand
votre site existe-t-il et comment faites-vous la promotion de votre
roman ? Combien de temps et d'argent avez-vous investi pour la
promotion ? Êtes-vous satisfait du résultat ?
Grégory Henique : Mon site existe depuis 8 mois à peu
près. Je n’ai investi aucun argent dans sa promotion. Pour tenter
de le faire connaître, j’ai utilisé le réseau social Facebook et
j’en ai fait la publicité sur différents forums littéraires,
sans beaucoup de succès. Depuis deux ou trois mois j’ai
complètement changé d’optique : j’ai transformé le site
pour en faire mon blog personnel regroupant des articles littéraires,
informatiques et vidéo-ludiques. Un lien redirige les internautes
vers mon roman s’ils le désirent.
Imagineria : Est-ce que ça
fonctionne ? Quand on regarde votre sondage, on constate que
seulement une dizaine de personne a répondu aux questions, c’est
relativement peu. Combien avez-vous de visiteurs par jour ?
Grégory Henique : Pour le nombre de
visiteurs journaliers, je n’en ai aucune idée mais il faudra que je
me renseigne pour connaître cette statistique. C’est vrai que pour
l’instant, peu de personnes semblent participer au blog et au site
du roman en ligne. Il faut dire que les adresses ne sont pas encore
très connues, je pense que la fréquence des visites va s’améliorer
avec le temps. Pour ce faire je mets à jour mon blog très
régulièrement en l’alimentant de divers articles.
Imagineria : Comment avez-vous fixé
le prix ? Pensez-vous que c'est un prix acceptable pour voir le droit
de lire un roman sans le posséder sous format papier ? Comment vous
situez-vous par rapport à la concurrence ? Par exemple, sur
lulu.com, vous pouvez acheter des romans en format pdf pour moins que
ça.
Grégory Henique : J’ai fixé le
prix à 5 euros, il m’a semblé que c’était un prix raisonnable
puisque je ne pensais pas toucher beaucoup de lecteurs. Si je l’avais
vendu 1 ou 2 euros, je n’aurais obtenu qu’une très faible
recette. J’ai peut-être fait un mauvais calcul, puisqu’on peut
aussi imaginer un prix plus faible avec un plus grand nombre de
lecteurs. Disons que c’est le choix que j’ai fait au début de
mon aventure…
Imagineria : Et pour aller au coeur
du sujet, combien d'inconnus ont accepté de payer cinq euros pour
lire votre roman en ligne ? Cette question est essentielle pour les
jeunes auteurs qui hésitent à emprunter cette voie et qui se
demandent si ça en vaut réellement la peine.
Grégory Henique : En quelques mois
je n’ai que 6 ventes à 5 euros chacune.
Imagineria : Vendre soi-même ses
écrits, sans intermédiaire, peut être tentant mais c'est
malheureusement souvent voué à l'échec (difficultés de faire sa
propre promotion, mauvaise réputation des ouvrages qui n'ont pas été
acceptés par un éditeur, difficultés à émerger de la masse des
romans du même type disponibles un peu partout...). Fort de votre
propre expérience, considérez-vous que la voie que vous avez
choisie est viable ou vaut-il mieux passer par l'édition
traditionnelle ?
Grégory Henique : Sincèrement, en
l’état actuel des choses cela ne me semble pas très viable à
moins d’être très patient et de monter sa réputation sur le long
terme. Comme vous le dîtes, les gens ne vont pas sur internet pour
payer, en général ils s’arrangent pour que ce soit gratuit. Par
contre, dans une dizaine d’années les livres électroniques
« e-book » vont se généraliser ; à mon avis il
sera alors plus facile pour les auteurs de diffuser leurs œuvres
sous une forme dématérialisée. Personnellement je fais confiance à
ce nouveau mode de diffusion du livre et j’attends fébrilement sa
vulgarisation auprès du grand public.
Imagineria : Pour le reste des
questions, nous nous attacherons aux conseils que vous pouvez donner
aux jeunes auteurs, en tant qu'écrivain ayant réussi à achever un
roman. Quelle est votre méthode d'écriture ?
Grégory Henique : Je ne dis pas que ma méthode est celle
qu’il faut suivre, et à mon avis il existe autant de méthodes
d’écriture que d’écrivain. Tout d’abord, pour apprendre à
rédiger il n’y a qu’une chose à faire : écrire et encore
écrire. Il est faux de penser que lire permet de faciliter
l’expression écrite. Si je voulais être provocateur, je dirais
presque que c’est une perte de temps. Écrire en demande tant. J’ai
beaucoup aimé une phrase que j’ai vue sur un t-shirt porté par
Piers Anthony :
« So many books… so little time !
» (tant de livres… si peu de temps !). C’est
une vérité cruelle est implacable. En ce qui me concerne je ne me
sens pas capable d’écrire un livre en moins de 3 ans. La lecture a
aussi le désavantage d’influencer le futur auteur. Soyez
innovants. Restez vous-même. Écrivez ce que vous pensez. Vous ne
pourrez percer qu’en mettant en avant ce que vous possédez en
vous, et non en imitant tel ou tel modèle. J’ai lu beaucoup de
livres, mais ils ne m’ont servi qu’à acquérir une culture
générale.
Une méthode simple pour commencer est
la tenue régulière d’un journal intime. Cette pratique, vieille
comme le monde, est à mon avis la meilleure puisqu’elle forme
l’individu à expliquer ce qu’il s’est passé. La quantité
d’écrits, au début, est primordiale. La qualité s’acquiert par
la suite.
On ne peut envisager la rédaction
d’un roman qu’après cela. Une fois que vous vous sentez à
l’aise avec l’expression, la méthode que vous choisirez importe
peu. Personnellement je ne fais pas de plan : je me laisse
envahir par mes personnages jusqu’à ce que j’en rêve la nuit.
Ils me hantent : j’y pense constamment. Arrive le moment où
je fais des cauchemars la nuit parce que j’ai pensé à ce qui va
arriver à tel ou tel personnage. Lorsque je me réveille,
bouleversé, je prends note de ces visions et je m’en sers pour la
rédaction du chapitre en cours. Je le concède, cette méthode est
assez originale ; on peut penser qu’elle s’apparente à de
l’écriture automatique mais il n’en est rien. Derrière tout ça
il y a du travail, du temps passé à écrire et à corriger ce qui a
été écrit, du temps passé à recommencer tout un livre depuis le
début, du temps passé parce que vous avez fini votre roman,
qu’aucun éditeur ne vous publie et qu’il vous faut en réécrire
un autre. La remise en question est le fardeau de l’écrivain. Il
est constamment en train de se demander si la page qu’il vient de
terminer est bonne ou mauvaise. Un jour il se dira « je suis un
génie, ce que je viens d’écrire c’est la perle rare ! ».
Le lendemain il sera complètement dépité et aura l’impression
d’être le plus nul des gratte-papiers.
Imagineria : Faites-vous des fiches
de personnages ?
Grégory Henique : Oui. Pour moi, prévoir la trame d’un
roman c’est prévoir la vie que vous donnerez à vos personnages.
Ils doivent devenir réels dans votre esprit. S’ils sonnent faux,
ce que vous avez écrit sera mauvais. Vous devez mettre dans vos
écrits un peu de votre personne.
Imagineria : Combien de temps
consacrez-vous à l'écriture par jour ou par semaine ?
Grégory Henique : Deux heures par jour.
Imagineria : L'inspiration vous
vient-elle facilement ? Avez-vous des techniques pour éviter le
syndrome de la page blanche ?
Grégory Henique : Oui, l’inspiration me vient
facilement. Ce qui est le plus éprouvant c’est la rédaction. Je
suis intransigeant avec moi-même et ne me satisfait que
difficilement de la façon dont j’ai rédigé. Il s’agit d’une
forme de perfectionnisme, comme si j’étais maniaque ou atteint
d’un trouble obsessionnel.
Pour éviter le
syndrome de la page blanche, arrêtez votre rédaction en cours,
allez dormir, et rêvez à la suite de votre roman.
Imagineria : Vous êtes-vous plongé
dans un de ces nombreux livres donnant des conseils aux auteurs ? Si
oui, lesquels et que vous ont-ils apporté ?
Grégory Henique : Non, très peu. J’ai toujours fait
un peu à ma manière, étant têtu de nature.
Imagineria : Avez-vous déjà
utilisé des logiciels d'aide à l'écriture ? Pensez-vous qu'ils
peuvent apporter quelque chose aux jeunes auteurs ?
Grégory Henique : Non jamais. Cela ne fera pas d’eux
des Balzac.
Imagineria : Votre monde est un
univers inédit. Comment avez-vous fait pour les créer ? Quels sont
vos "trucs" pour le rendre cohérent tout au long du roman
?
Grégory Henique : En dehors des nombreux défauts que je
viens de vous exposer (têtu, fier, orgueilleux), je pense que ma
qualité principale est l’empathie. Sans cela je n’aurais jamais
voulu être écrivain. Cette faculté innée de vous mettre à la
place des autres vous fait beaucoup souffrir puisque vous pouvez
percevoir ce qu’ils ressentent. L’écriture vient de toutes ces
émotions cueillies à droite et à gauche. C’est le meilleur truc
pour rendre cohérents les gens que vous inventez.
Imagineria : N'étant pas passé par
une maison d'édition, je suppose que vous avez corrigé tout votre
roman vous-même. Comment avez-vous réussi à faire une correction
irréprochable ? Vous êtes-vous fait aider ?
Grégory Henique : Non je ne me suis pas fait aider. J’ai
relu et corrigé plusieurs dizaines de fois chaque phrase de mon
roman. Peut-être une cinquantaine de fois si l’on compte la
rédaction, les nombreuses relectures et corrections, puis les
nouvelles relectures partielles du livre que je faisais tous les 10
chapitres à peu près. Travailler ainsi permet d’éliminer, au fur
et à mesure, tout le superflu qui rend votre écrit redondant, lourd
et confus.
Imagineria : Pour éviter le
plagiat, je suppose que vous avez déposé votre texte. Pouvez-vous
nous expliquer comment vous avez fait et pourquoi vous avez choisi ce
mode de protection ?
Grégory Henique : Le roman
POESIE
est protégé par un dépôt auprès de la Société des Gens de
lettres (SGDL), Hôtel de Massa, 38 rue du Faubourg Saint Jacques
75014 Paris,
http://www.sgdl.org/.
Bien que payant, j’ai trouvé que ce mode de protection offrait le
meilleur rapport qualité/prix.
Imagineria : Et la dernière
question : continuez-vous à écrire ? Et si oui, comptez-vous
proposer votre prochain roman sur internet comme vous l'avez fait
pour Poésie ?
Grégory Henique : Oui, j’ai un nouveau projet que
j’expose dans les grandes lignes dans mon blog. J’essaierai de le
faire publier en version papier.
Imagineria : Je vous remercie pour
ces réponses.
Grégory Henique : Merci à vous, et n’hésitez pas à
me contacter si vous le désirez sur
www.dragonfroid.com.